Campagne participative : on a besoin de vous!

La campagne participative de l’artiste Chloé Cedille avec L’Ange Bleu a dépassé le 20% de son premier objectif.

On remercie du fond du coeur tous ceux et celles qui ont contribué. Vous avez posé les premières pierres de ce projet artistique et humaniste. Merci et bonne année 2017!

Avoir rejoint le 20% va nous permettre des contacter des blogueurs et petits médias locaux pour diffuser le message et rejoindre d’autres personnes. Avec un peu de chance on va pouvoir faire parler plus de ce projet et des solutions que L’Ange Bleu offre dans le domaine de la pédophilie et de la maltraitance sexuelle des mineurs.

La prochaine étape sera de rejoindre le 50% pour essayer d’intéresser des entreprises, autres associations et/ou des institutions locales à nous sponsoriser/soutenir.

Votre contribution peut nous faire arriver à cette nouvelle étape.

Vous pouvez contribuer à le succès de ce projet en partageant cette page et/ou en participant financièrement.

Vous pouvez lire les pages de ce site et juger personnellement de l’importance de notre combat, qui chaque jour souffre du manque de soutien et de conscience de la part de notre société.

Latifa à Rennes chez les Grignou

Les Grignou, une « émission d’humeur » (comme eux-même la définissent) de la radio canal B de Rennes, a passé un bon petit moment avec Mme Latifa Bennari, présidente et fondatrice de L’Ange Bleu.

L’émission, d’une durée de deux heures environs, avec musique, commentaires humoristiques et échanges avec Mme Bennari, peut être écoutée en ligne ou téléchargée en podcast en cliquant ici.

Le magazine Psychologies publie un article sur la pédophilie abstinente

Les reporters de Psychologies ont interviewé la psychologue clinicienne Inès Gauthier (partenaire de L’Ange Bleu) et Mme Latifa Bennari (notre présidente) pour réaliser cet article s’adressant à la population pédophile.

Nous sommes vraiment heureux de voir que de plus en plus de professionnels et de médias s’intéressent à notre action et surtout à notre modèle préventif.

Avec un peu de chance, petit à petit le message arrivera aux institutions et au grand public, de sorte à générer le profond changement nécessaire pour mieux protéger les enfants et donner aux pédophiles la possibilité de vivre des vies normales, épanouies et inoffensives.

Vous pouvez lire l’article en cliquant ici.

L’Ange Bleu participe à l’initiative de prévention au sein de l’église

Le journaliste de 20 minutes Vincent Vantighem, qui s’est souvent intéressé à l’Ange Bleu, a récemment publié un article sur les initiatives de l’église catholique concernant la pédophilie.

Mme Bennari est vraiment heureuse de l’opportunité que la diocèse de Lyon lui a offert : elle parlera à environs 300 prètres et leur présentera un ex-évêque condamné dans le passé pour abus sur mineurs. Ce dernier a obtenu de réaliser son rêve de participer à une vraie initiative de prévention au sein de l’église, et on lui offre tous nos plus chaudes félicitations.

On espère que cette initiative fera ses preuves et encouragera d’autres institutions à mettre en place des actions compatibles avec cette innovative idée de prévention.

Vous pouvez lire l’article en cliquant ici.

Un excellent article sur la pédophilie par une psychologue clinicienne

Mlle Leonor Bruny, psychologue clinicienne, a publié sur Le Plus du Nouvel Observateur un excellent article sur le domaine de la pédophilie. Elle se retrouve beaucoup dans les idées de Mme Bennari et s’est intéressée à l’action de L’Ange Bleu, jusqu’à participer, après la publication de l’article, à un de nos groupes de parole en observatrice.

Vous pouvez lire l’article en cliquant ici.

Un hébéphile en contact avec l’Ange Bleu interviewé par The Independent au sujet de sa demande d’euthanasie

En souffrance depuis son enfance à cause d’une grave dépression, aggravée plus tard par le développement de ses tendances hébéphiles, Sébastien rêve d’être euthanasié le jour de ses 40 ans, pour effacer symboliquement sa propre naissance et toute son existence douloureuse.

En Belgique, c’est légal pour une personne souffrant d’une façon insupportable et constante, et qui peut prouver d’avoir déjà tout essayé pour trouver une solution, d’avoir accès à un programme d’euthanasie. Ce dernier consiste de trois commission d’experts qui évalueront le cas une à la fois, jusqu’à une décision finale soit prise. Si le programme est favorable et la personne n’a pas changé d’avis, on procède alors à l’injection létale. Autrement, un suivi thérapeutique est suggéré. » Lire la suite

Le papa d’une des victimes de Villefontaine à L’Ange Bleu

Le 27 avril, L’Ange Bleu a reçu comme invité à un groupe de parole le papa d’une des victimes de Romain Farina, le directeur d’école de Villefontaine qui s’est récemment suicidé dans sa cellule.

Ce papa, Sébastien, a choisi d’accepter cette invitation par intérêt dans la méthode de prévention en amont développée par Mme Bennari. Ceci car Romain Farina, à l’époque de sa première arrestation pour téléchargement de pédopornographie, avait plusieurs fois répété qu’il ne pouvait pas garantir qu’il ne passerait jamais à l’acte sur un enfant réel, et même que les enfants près de lui pouvaient ne pas être en sécurité. La prise en charge de son cas a été inefficace et inappropriée, comme le récents événements rendus publics lors de sa deuxième arrestation l’ont bien montré.

Sébastien a été confronté au failles du système et a trouvé dans notre groupe de parole une facette d’une méthode de prévention efficace et humaine, qui produit des résultats flagrants depuis des décades. Il a exprimé son intention d’inclure cette méthode au sein de l’association qu’il a lui-même fondée (l’AAEVP) pour le soutien aux victimes de maltraitances sexuelles dans l’enfance, car comme lui-même l’a dit : « se limiter à aider seulement les victimes, ce n’est pas ça qui fera qu’il va y en avoir moins ».

Un journaliste de métronews, invité lui aussi au groupe en tant que spectateur, a écrit un article sur cette histoire qui a été pour nous tous un moment émouvant, productif et plein de potentiel pour un avenir plus humain et plus capable d’écoute et compréhension sans ni apologie ni jugement. Sébastien, et les autres membres de son association, montrent encore une fois que la voix des victimes, leurs opinions et nécessités se perdent dans le tumulte médiatique, où ceux qui vocifèrent le plus sont souvent les moins directement concernés.

Vous pouvez lire l’article sur le site de metronews en cliquant ici.

Un réalisateur partage ses ressentis sur les groupes de parole

Les groupes de parole organisés par L’Ange Bleu prévoient souvent un petit espace dédié aux observateurs (professionnels, étudiants, etc) pour montrer la validité de notre démarche et la réalité des besoins auxquels elle répond, et aussi pour que d’autre commencent à se former à la méthode de Mme Bennari. Nous publions ici un courriel d’un de ces observateurs, un réalisateur et producteur qui a voulu nous communiquer ses ressentis.

Bonsoir Latifa,

Je tenais à vous remercier une fois encore de m’avoir convié à ce groupe de parole. Je regrette vivement de n’avoir pu rester jusqu’à son terme : je n’avais aucune idée de la durée des discussions et je devais hélas vraiment me rendre à un rendez-vous.

Mais ce que j’ai vu m’a permis de comprendre pourquoi plusieurs détenus m’ont parlé de votre travail avec tant de passion : rien de ce que j’ai vu sur place ne correspond à ce que j’ai observé dans les centre de détention, auprès des SPIP ou auprès du personnel de soin.

Votre manière très directe d’aborder les choses, sans ambages, sans fausse pudeur, en appelant un chat un chat, en intervenant quand vous le sentez nécessaire, quitte à interrompre votre interlocuteur, tout simplement parce que, d’instinct, vous semblez sentir naturellement que le moment est opportun, qu’il faut recentrer, qu’il faut préciser, qu’il faut orienter — cette manière-là m’a, dans un premier temps, désarçonné. Mais j’ai dû reconnaître, devant l’évidence, que vous faisiez chaque fois mouche, par expérience bien sûr et, une fois encore, m’a-t-il semblé, par instinct.

Vous m’avez fait, je dois l’avouer, l’impression très forte, très saisissante, d’une funambule par grand vent, mais tellement maîtresse de son art que je n’ai jamais eu peur de la chute : très vite, je voulais surtout savoir comment vous alliez assurément vous en tirer, où vous vouliez obstinément en venir, car toujours je comprenais que vous aviez systématiquement derrière la tête une idée, que vous saviez très bien où vous mettiez les pieds. Ce qui est par surcroît impressionnant, c’est que les habitués de vos groupes de parole semblent avoir pris exemple, avec le temps, sur vous, et osent régler leur pas sur le vôtre, intervenant eux aussi sans crainte, opportunément et à bon escient — et eux aussi comme à l’instinct. Peut-être tout simplement du fait de leur « expertise » ; mais aussi, j’en ai en tout cas l’impression, en bonne partie par votre influence bienveillante.

L’autre chose qui m’a semblé tout à fait inattendue (et bienvenue !), c’est l’ambiance étonnamment apaisée, détendue mais aucunement désabusée, qui accueille les rires salutaires, dont elle sait qu’ils permettent d’un peu, lorsque nécessaire, dépassionner, calmer le jeu ; sans pour autant, jamais, car ce serait proprement indécent, minorer l’importance des enjeux.

Pour qui comme moi s’intéresse pourtant à cela depuis longtemps, l’étrange simplicité, l’étrange évidence de ces échanges laisse nécessairement stupéfait et curieux d’en découvrir davantage.

Toute ma gratitude, donc, pour m’avoir ainsi accueilli.

À bientôt,

Gérard X
Réalisateur, Producteur

Un père de trois enfant dépendant de la pédopornographie

Vous pouvez lire ici un courriel arrivé à Mme Bennari des Etats-Unis. Encore une fois, on peut voir comment le manque de structures de soutien et d’écoute en amont abandonne les personnes aux prises avec des désirs pédophiles (réels ou virtuels) à elles-mêmes, seules avec leur souffrance et leur secret. Beaucoup n’arrivent pas seuls à s’empêcher de devenir des délinquants sexuels (réels ou virtuels).

Je suis heureux de découvrir votre site et l’existence de votre travail.

Je suis européen d’origine et marié à une américaine, j’habite aux Etats Unis à X. Je me sens concerné par la consommation de la pédopornographie. Malgré les mesures répressives et les risques d’être repéré par les services de police, je n’arrive pas à arrêter même si j’ai essayé plusieurs fois. Je n’ai aucun désir ni problème avec les vrais enfants même lorsque je suis seul avec eux. Je me reconnais beaucoup dans certains de témoignages des pédophiles abstinents. Portant j’ai trois enfants que j’adore mais avec qui je suis un bon papa et rien d’autre. J’aime et désire mon épouse mais cela ne m’empêche pas de replonger dans cet enfer virtuel en sachant bien que les enfants derrière la toile ne sont pas des acteurs mais des véritables victimes.

J’ai découvert la pornographie adulte à l’âge de 12 ans dans des vidéos cachés dans la chambre de mon grand frère. Je les regardais rarement mais petit à petit c’est devenu comme une drogue et à force de regarder et à chercher des nouveautés, j’ai découvert à 18 ans la pédopornographie et je me suis retrouvé dans mes souvenirs de 12 ans avec la même excitation.

Lorsque j’ai rencontré a femme, j’ai pensé que ce besoin allait disparaître et je me suis trompée. J’ai essayé de me raisonner et de contourner les sites pédophiles mais les pulsions étaient plus fortes du côté des enfants. Je commençais à avoir des sueurs dans  la nuit et ma femme se posait la question sur ma santé. Elle était loin d’imaginer que j’avais vraiment besoin d’une aide spécifique et que si une association comme la vôtre existait je ne serais pas arrivé à ce stade de ma dépendance.

En lisant vos page sur votre site et tous les articles qui présentent votre démarche, j’ai retrouvé l’espoir. Je suis prêt à me faire aider et si nécessaire, je me rendrai en France pour participer à vos groupes de parole. J’ai lu sur votre association aux USA n’est pas encore opérationnelle, avez-vous une idée sur son ouverture ? Je crois que les Etats Unis auraient besoin de développer votre action dans la mesure où elle correspond totalement aux besoins des milliers de pédophiles abstinents mais consommateurs de la pédopornographie.
Je ne comprends pas pourquoi ces sites existent, pourquoi ils sont facilement accessibles et pourquoi les producteurs et réalisateurs ne sont pas poursuivis ?

Merci et bravo pour ce que vous faites et surtout continuez et transmettez cette formidable et admirable action. J’ai vu également que vous avez écrit un livre et attends sa publication aux Etats Unis avec impatience.

G

Espoir et parcours d’un ex-enseignant arrêté pour pédopornographie

Nous publions ici un e-mail reçu par Mme Bennari le lendemain d’un groupe de parole, de la part d’un des participants, un enseignant renvoyé après une arrestation pour téléchargement de matériel pédopornographique. Il raconte ici son parcours humain et ses espoirs pour le futur après le procès.

 

Bonjour Latifa,

j’espère que tu vas bien et ta voix aussi.
Encore merci pour ton accueil d’hier.
Comme la fois précédente, j’ai été très touché par les différents témoignages.

En ce qui me concerne, (je ne sais pas si cela s’est ressenti), je ne me sentais pas forcément bien.
Je voulais surtout contenir mon émotion.
Désolé de t’écrire là, et surtout ce qui va suivre (encore un long mail de ma part !), mais j’en avais besoin.
Je voulais revenir sur quelques points et essentiellement sur les questions que tu m’avais posées.

Lorsque tu m’as demandé pourquoi je n’envisageais plus de reprendre mon métier d’enseignant, je t’ai répondu que quelque chose avait été brisée. Je ne pouvais pas en dire plus car je savais que c’était douloureux pour moi.
J’ai choisi ce métier parce que je l’aimais. J’aimais travailler avec et pour les enfants.
J’ai toujours essayé de le faire avec professionnalisme en étant attentif aux élèves.
De plus, le travail chez moi est une valeur très importante (c’est une des valeurs transmises par mes parents).

Lorsque j’ai appris que mon affaire était portée à connaissance sur mon lieu de travail, j’ai ressenti comme un coup de poignard dans le dos. Je me suis senti « lâché » par cette grande maison de l’enseignement.
Bien entendu ce que j’ai fait est grave et en me remettant dans le contexte du printemps dernier, les affaires médiatisées ont forcément fait réagir ainsi mes supérieurs. Au fond, ils ne me connaissaient pas plus que ça et rien ne pouvaient vraiment leur garantir que je n’avais pas fait plus que ce qui m’était reproché. Ils ont voulu se couvrir à juste titre, je ne peux pas leur en vouloir.

Même si les réunions sur mon lieu de travail, se sont bien déroulées; même si aujourd’hui je reconnais que c’est un mal pour un bien, que je comprends leur démarche, ce « coup de poignard » fait que je ne me sens plus « digne » d’être enseignant. J’ai l’impression qu’il y aura toujours en moi un sentiment de suspicion qui « rodera » autour de moi.

Comme je te l’ai dit hier aussi, bien que je trouvais des enfants mignons, plus particulièrement les garçons (qui ce soit sur mes lieux de travail ou dans la rue), je n’avais pas du tout envie de leur faire quoique ce soit.
Je ne sais pas si je te l’ai déjà écrit, mais y’a quelques années (et j’étais déjà dans cette déviance), je donnais des cours à domicile et notamment à un jeune adolescent. Cela se passait dans sa chambre, comme d’ailleurs dans la plupart des cas avec mes élèves en cours particulier.
Un jour, ce jeune adolescent avait beaucoup de mal à se concentrer, il ne tenait pas en place et rigolait pour un rien. A un moment, il était debout face à moi, en survêtement, et j’ai remarqué qu’il avait une érection. Cela me gênait beaucoup (je suis quelqu’un de pudique, voire très pudique) et j’ai fait comme si de rien n’était. Je lui ai demandé de revenir s’asseoir et de se concentrer sur son travail. Ce qu’il a fini par faire.
Je dirai que c’est la situation la plus risquée que j’ai rencontrée. Elle aurait pu me faire déraper et pourtant je ne l’ai pas fait. Je ne l’ai pas fait parce que déjà cela ne m’est pas venu à l’esprit et puis cela m’aurait été impossible.
Avec mes élèves à la piscine, c’était la même chose, jamais il me serait venu à l’idée de leur faire quelque chose.
Que les enquêteurs, que la justice puissent me poser la question, même si c’est légitime, même si je comprends qu’on puisse me poser cette question, au fond de moi, j’ai l’impression que c’est comme si on ne me faisait pas (ou plutôt plus) confiance.
L’affaire récente du directeur en Gironde je crois, qui vient de se faire interpelé et qui filmait des enfants à la piscine m’a fait me dire en moi-même « j’ose espérer que personne n’ira imaginer que j’aurais pu faire ça ! » car jamais cela ne me serait venu à l’idée et sincèrement, j’aurai eu l’impression de violer l’intimité des enfants.

Chaque année, j’avais pris l’habitude d’aborder le sujet sensible des situations à risque avec les enfants. Ce n’était pas un travail très approfondi, mais j’essayais de les sensibiliser à ces risques (dans la rue, sur internet) sans pour autant les inquiéter plus que ça.
Le seul domaine que je n’arrivais pas à aborder, c’était le risque au sein même de la famille.
Ce qui me rassurait, c’est qu’ils étaient déjà bien informés en grande partie.

Aujourd’hui, je n’ai plus cette irréprochabilité.
Ce qui m’a fait le plus de peine, c’est cette réunion avec les enfants. Je n’en veux à personne de l’avoir fait, je le comprends.
Des bruits courraient, des inquiétudes. Mais franchement, je me dis quelle image garderont de moi les enfants ?
Des parents qui ont souhaité reprendre contact avec moi, des collègues dans cette même démarche, m’ont dit qu’ils gardaient une bonne image de moi.
Petite précision, je ne cherchais pas non plus à être l’enseignant parfait,  le plus sympa, le plus apprécié. Mais les années ont fait que je me suis rendu compte (et par chance) que j’étais en majorité apprécié, comme beaucoup de mes collègues.

Oui c’est dur pour moi de me dire que ce métier est terminé. Oui c’est dur, comme tu le soulignais à juste titre hier, qu’un amalgame soit fait entre des prédateurs en puissance et ceux qui ne le sont pas.
Moi-même parfois je me regardais dans le miroir et à me « cracher » dans mon reflet et m’insultant.
Et pourtant, j’aime les enfants de manière noble, et pourtant c’est collé dessus cette déviance.

On en parlait à la fin de la rencontre hier, mais y’a aussi le problème d’internet « outil formidable » mais à savoir utiliser.
On arrive trop facilement à trouver des sites légaux orientés vers le sexe. Et les jeunes sont effectivement plus facilement confrontés à cela. Ou encore des commentaires (notamment dans les recherches) où les mots sont pour moi, très crus, violents.

Plus encore aujourd’hui (et je sais que je prêche une convaincue), les jeunes ont un téléphone portable, bien souvent un smartphone. Et là aussi ils peuvent se retrouver confrontés à des situations difficiles.
Je ne sais pas comment moi j’aurais vécu mon adolescence si ces outils avaient existé à mon époque, mais peut-être pas forcément de manière sereine.

Les géants de l’internet (comme Google, Yahoo, MSN, Facebook…) devraient plus encore être vigilants. Et bien entendu, les politiciens aussi.

Tu m’avais demandé aussi si j’aurais fini par faire une démarche pour m’en sortir si je n’avais pas eu l’arrestation.
Depuis quelques temps (est-ce lié au fameux directeur de l’école ?), j’avais fini par admettre que si je n’arrêtais pas, j’allais finir un jour ou l’autre par me faire arrêter. Cela ne m’a pas empêché, une nouvelle fois, de mettre cela de côté, de me voiler la face, et de retourner sur internet…
Une bonne semaine avant mon arrestation, j’avais décidé (enfin) de ne plus aller sur internet. Je t’avoue qu’au début c’était aussi plus dans l’optique de « me mettre au vert » un temps (désolé pour les propos). Mais je me disais quand même que cette fois-ci, j’arriverais peut-être à m’en éloigner.
J’étais encore loin hélas de pouvoir supprimer les images, les vidéo mais je me disais aussi que peut-être à force j’arriverais à m’en défaire.
C’est facile maintenant que j’ai été arrêté et mis en examen de dire cela mais : oui je regrette de ne pas mettre fait plus violence avant afin d’arrêter par moi-même. Oui, je regrette de ne pas m’être pris en charge plus tôt pour en parler à quelqu’un, d’avoir contacté ton association avant.
Ce qui est fait EST fait, et comme me le disait S hier, il me fallait peut-être cette arrestation pour que je réagisse enfin.

Hier, et à juste titre, tu me demandais ce que j’envisageais de faire maintenant, comment combler « le vide ».
Comme je t’ai dit, déjà, d’avoir pris contact avec l’association, de t’avoir rencontrée, de participer à des groupes de paroles cela m’aide beaucoup et je me sens « utile ».
Venir en aide aux autres et surtout indirectement protéger les enfants, les ados c’est quelque chose qui me tient à coeur. Certes, ça n’effacera pas ce que j’ai fait, mais ça me permet aussi de redonner un sens à ma vie.
Je veux continuer sur cette voie qui est la seule à ce jour qui me paraisse louable pour moi au regard de ce que j’ai fait.

Je garde aussi cette belle image du couple de O que tu as fait venir pour témoigner. Cela m’a ému car dans le fond, j’aimerais pouvoir vivre « normalement » une vie en couple ou du moins, partager avec quelqu’un, une vie sentimentale.
Et surtout, j’aurais tant aimé être père. Plusieurs personnes me disent que cela n’est pas trop tard, que ça pourrait être justement un garde-fou supplémentaire.
J’avoue qu’à ce jour, et comme je le disais hier, je ne suis pas prêt déjà à avoir un(e) petit(e) ami(e) . Et ce que tu m’as dit  est certainement ce qui me retient au fond de moi aussi en ce moment : « il faut mieux attendre mon jugement avant ».

Je ne sais plus si je t’en avais parlé (je t’ai tellement écrit de lignes !!!) Avant mon affaire, j’avais parfois l’idée de partir, de tout quitter, de donner des nouvelles à ma famille, à mes amis mais qu’à force ils finiraient par ne plus trop penser à moi, à s’habituer à mon absence. (Cette idée je l’ai eu après être tombé amoureux d’un jeune homme (âgé de 30a) qui ne partage pas mes sentiment.)

Je ne me rendais pas compte (ou je ne voulais pas m’en rendre compte) que des personnes (à commencer par ma famille) tenaient à moi, m’aimaient. Je sais que c’est particulier d’écrire cela, mais dans le fond, je pense que je ne méritais pas l’amour, l’intérêt des gens et en même temps, je sens bien que j’en avais besoin. Curieusement (?), je suis quelqu’un de sociable et encore plus aujourd’hui même si j’ai beaucoup d’appréhension à aller vers les autres.
Il y a des gens autour de moi qui me font toujours confiance.
Je me dois d’être à la hauteur.

Ce qui est certain, c’est que je n’ai plus envie de faire souffrir autour de moi, je n’ai pas envie d’être un boulet pour mes proches et pour la société.

Voilà, je vais te laisser mais avant cela, je te remercie infiniment de m’avoir permis de revenir participer à un groupe de parole hier. Merci aussi de m’avoir donné la parole, d’avoir présenté brièvement mon témoignage comme « pouvant servir » à s’arrêter avant qu’il ne soit trop tard, avant que la police ne débarque un matin chez soi…

Si mon histoire (sans être une référence particulière) peut aussi aider ne serait-ce qu’un consommateur d’images à réagir pour ne plus continuer sur cette voie sans issue, alors ça sera un plus pour moi.

Bonne fin de dimanche à toi, bon courage
et à très bientôt j’espère !
Tu es vraiment une femme extraordinaire ! Merci vraiment à toi pour tout !
Amicalement
S/P

PS : je commence à être moins en mode « parano », j’ai fini (enfin !) par indiquer mon métier (bon, en même temps, ce n’était pas bien difficile de deviner dans quel domaine je travaillais, mais c’est tout de même nouveau pour moi, c’est grâce en grande partie, à toi, alors encore une fois : merci !!!

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